Point de départ du projet
Atelier sur les pratiques individuelles. Point de départ : la Nakagin Capsule Tower, architecture modulaire fondée sur la répétition de capsules identiques. Chaque capsule, identique en apparence, devient un support à personnaliser. J’ai choisi d’investir une capsule comme lieu intime : un laboratoire de développement photographique. C’est un espace clos, contrôlé, entièrement dédié à la lumière. Mon intervention agit à l’intérieur de la cellule : je module la lumière, crée une ambiance et joue sur la temporalité, celle de l’attente du tirage. L’objectif : transformer cette cellule standard en une expérience singulière, presque secrète.
Traversée
Partir d’une forme neutre : une capsule vide, identique pour tous. La Nakagin Tower : module, répétition, standardisation. À l’intérieur, je cherche la différence. Faire de la capsule un laboratoire photo : lieu clos, presque secret. Travailler la lumière comme matière : elle entre, change, devient image. Composer une atmosphère lente : attente du tirage, odeur chimique, silence, concentration. L’espace n’accueille pas seulement un usage : il agit sur la perception. Assemblées, les capsules forment une même structure, et pourtant chaque expérience est unique.
Regard critique
La capsule impose un volume minuscule et répétitif. Ici, cette contrainte devient une ressource. En introduisant le développement photographique, je passe d’un aménagement à un dispositif : la lumière n’est plus un simple éclairage, elle produit l’image. C’est une rupture nette avec les projets techniques. Mais le projet se referme sur lui-même. C’est un monde clos, cohérent, peu en dialogue avec l’extérieur, avec les autres capsules ou avec la tour. Sa force est aussi son retrait.