Point de départ du projet
Montserrat, volcan Soufrière Hills. Un site rendu partiellement inhabitable par une éruption en 1997. Le choix d’implanter un centre de recherche au plus près du volcan n’était pas évident. C’est précisément cette tension, observer depuis l’intérieur du danger, qui m’a intéressée. J’ai construit le projet autour d’un double état : une vie ordinaire en surface, un refuge enterré pour les alertes. Ce n’est ni une résidence normale ni un bunker classique. C’est un espace fait pour cohabiter avec l’instabilité.
Traversée
Construire avec l’instabilité. Le volcan Soufrière Hills a transformé Montserrat à jamais. Penser le centre comme une superposition de deux réalités : la vie quotidienne en surface, un espace de protection en profondeur. Rassembler la recherche sur la faune, la flore et le climat, tout en maintenant le risque au centre : cendres, pyroclastes, lahars. Au premier signe d’alerte, tout bascule. Le bunker devient l’architecture principale : enterré pour filtrer l’air et protéger, mais percé d’une verrière pour capter la lumière. Le refuge en deux niveaux : repos et hygiène, puis vie commune et endurance. L’ensemble est autonome : solaire, batteries, eau de pluie filtrée. Ne pas résister au territoire. Créer un moyen d’y rester.
Regard critique
L’idée de départ tient : s’implanter là où le risque est maximal pour mieux l’observer. Mais le projet ne l’assume pas tout à fait. Le bunker prend vite le dessus. On parle moins de recherche que de survie. Cette bascule est intéressante, mais pas complètement assumée. La verrière en est le signe : garder la lumière sous une pluie de cendres, c’est séduisant et fragile à la fois. Le projet évoque un scénario extrême sans en assumer toute la violence. L’expérience sensible est là, mais au prix d’une mise à distance du dehors.
