Point de départ du projet
Je connais l’Avenue Daumesnil à pied et à vélo depuis longtemps. C’est une artère que je traverse souvent et dont je vois chaque jour les dysfonctionnements : piétons et cyclistes en conflit, intersections peu lisibles, sentiment de danger aux heures de pointe. Ce projet est né de cette frustration quotidienne. J’ai voulu recomposer l’avenue en superposant trois logiques : les mobilités, le paysage et la gestion de l’eau. L’idée n’était pas de tout refaire, mais de donner à chaque usage un espace clair et continu.
Traversée
Une artère : l’Avenue Daumesnil. Relier Bastille à Vincennes, comme un fleuve urbain. Trois strates : mobilités, paysage, eau. Une piste cyclable au centre, bordée de plantations pour structurer les flux. Le sol devient filtre : noues, trottoirs perméables, asphalte qui respire. L’eau collectée rejoint le Bois, puis la Marne en cas de surplus. Des lampadaires sobres, alimentés par le soleil, tamisent la nuit. Ne pas juste traverser l’avenue, mais la faire fonctionner comme un vrai paysage.
Regard critique
Le projet donne de la lisibilité à l’avenue. Il organise, il clarifie, il structure. Mais il traite l’avenue comme une section type, identique de Bastille à Vincennes. Les intersections, là où les conflits sont réels et où les flux se croisent, ne sont pas traitées. Or, chaque intersection est unique et demande un regard attentif. C’est la limite : j’ai redessiné l’avenue depuis ma propre expérience de passage, sans vérifier si elle absorberait bien les volumes de circulation. Le projet reste une vision cohérente, mais abstraite.

